En bref
Un devis sans réponse n'est pas un refus : tant que personne n'a dit non, le devis est vivant. Relancez le surlendemain de l'envoi, puis une semaine après, puis juste avant la fin de sa durée de validité. Trois messages courts, polis, qui proposent une décision claire. Et ces trois messages peuvent partir tout seuls.
Un devis sans réponse n'est pas un refus. Tant que votre client n'a pas dit non, le dossier est encore vivant, et la relance de devis sert exactement à ça : remettre le sujet devant ses yeux, au bon moment, sans le braquer.
Je vous donne ici le calendrier que je conseille, trois messages courts que vous pouvez reprendre tels quels, les deux règles à connaître avant d'appuyer sur envoyer, et comment faire pour que tout ça parte sans vous.
Le principe de base tient en une phrase : une relance se prépare au moment où vous envoyez le devis, pas trois semaines après.
Au bout de combien de temps relancer un devis ?
Deux jours après l'envoi pour la première relance, une semaine plus tard pour la deuxième, puis une dernière avant la fin de la durée de validité du devis.
Deux jours, c'est le temps qu'il faut pour que votre client ait pu ouvrir le document sans avoir l'impression que vous comptez les heures. Relancer le lendemain met la pression. Attendre trois semaines donne le signal inverse : que le chantier ne vous intéressait pas tant que ça.
Le dépannage urgent est le seul cas où ce rythme ne tient pas. Quand quelqu'un a une fuite ou un portail bloqué, il n'a pas le temps d'attendre. Là, la relance se fait dans l'heure ou dans la journée, pas le surlendemain.
Pour tout le reste, une date fait le travail à votre place : celle de la fin de validité de votre offre. Pour les travaux et dépannages du bâtiment et de l'équipement de la maison, elle fait partie des mentions obligatoires du devis, au même titre que le décompte détaillé des prestations et le taux horaire de main d'œuvre (Service Public Entreprendre). Si elle figure sur votre modèle, vous avez une raison de relancer qui n'a rien de commercial : vous prévenez que le prix va expirer.
Le calendrier de relance que je conseille
| Quand | Par quel moyen | Ce que dit le message |
|---|---|---|
| Le jour de l'envoi | Le devis, et la date de fin de validité bien visible | |
| J+2 | SMS ou e-mail de deux lignes | Vérifier qu'il est bien arrivé et lisible |
| J+7 | Appel, e-mail si personne ne décroche | Proposer cinq minutes au téléphone |
| J+15 | Prendre les freins de face : délai, détail du prix | |
| Avant la fin de validité | E-mail de clôture | Annoncer l'échéance, proposer de refaire le devis |
Cinq contacts sur un mois, ça peut paraître beaucoup écrit comme ça. Dans les faits, deux d'entre eux sont des messages de deux lignes et un seul demande un appel. Et surtout : vous vous arrêtez dès que vous avez une réponse, oui comme non.
L'autre intérêt de poser ce calendrier noir sur blanc, c'est de ne plus décider au cas par cas. La relance qui saute, c'est celle qu'on remet à demain, entre deux chantiers.
Dernier point du calendrier, et le plus important : notez une date de fin. Passé le message de clôture, vous classez le dossier. Relancer le même devis pendant six mois ne le fera pas signer, et je déconseille d'essayer.
Par e-mail, par SMS ou par téléphone ?
Les trois, mais pas au même moment ni pour la même chose.
L'e-mail porte le devis. C'est lui qui transporte le document ou son lien, et il laisse une trace écrite de ce qui a été proposé et quand. C'est le canal de l'envoi, du message de clôture, et de tout ce qui doit pouvoir être relu.
Le SMS a un avantage précis : il tient en deux lignes et il n'oblige pas votre client à ouvrir sa boîte mail. C'est le bon outil pour le rappel à deux jours, celui qui demande simplement si le devis est bien arrivé. En revanche il ne sert à rien pour argumenter : un SMS long passe pour une publicité.
Le téléphone est le seul canal qui vous donne la vraie raison du silence. Un devis sans réponse peut cacher un budget qui a bougé, un conjoint à convaincre, une ligne mal comprise ou un concurrent moins cher. Aucun e-mail ne vous dira laquelle. Je conseille de garder l'appel pour les devis qui en valent la peine, et de ne pas le faire en premier : appeler le lendemain de l'envoi, c'est se mettre en position de demandeur.
Trois messages de relance courts, prêts à adapter
Voici les trois textes que vous pouvez recopier et ajuster à votre métier. Ils sont volontairement secs : c'est ce qui les rend faciles à lire sur un téléphone.
Le rappel à deux jours, par SMS ou en e-mail très court :
Bonjour, je vous ai envoyé avant-hier le devis pour le remplacement du chauffe-eau. Vous l'avez bien reçu ? Si une ligne n'est pas claire, dites-le moi, je vous rappelle quand vous voulez.
La relance à une semaine, par e-mail, avec pour objet le chantier et pas le mot relance :
Bonjour, je reviens vers vous au sujet du devis envoyé la semaine dernière. Si c'est le délai d'intervention ou le détail du prix qui vous retient, on peut en faire le tour en cinq minutes au téléphone. Dites-moi simplement si vous voulez qu'on avance, ou si vous préférez mettre le projet de côté pour l'instant.
Le message de clôture, avant la fin de la durée de validité :
Bonjour, le devis que je vous ai envoyé il y a trois semaines arrive au bout de sa durée de validité. Je préfère vous prévenir plutôt que de vous laisser avec un prix qui ne sera plus bon. Si le projet est toujours d'actualité, je vous en refais un tout de suite. Si ce n'est pas le moment, aucun problème : dites-le moi et je classe le dossier.
Ce qui fait tenir ces trois messages, ce sont quatre choses :
- Une seule question, fermée, à laquelle on répond par oui ou par non.
- Une porte de sortie assumée. Proposer d'abandonner le projet enlève la gêne : votre client peut répondre non sans avoir à se justifier.
- Aucun reproche. « Je n'ai pas eu de retour de votre part » fait porter la faute au client dès la première ligne.
- Un objet qui parle du chantier. « Votre devis chauffe-eau » se reconnaît d'un coup d'œil. Un objet qui annonce une relance annonce une corvée.
Ce que la loi et la CNIL vous demandent de respecter
Deux points à connaître avant de programmer la moindre relance : la validité de votre devis, et le droit de votre client à ne plus être contacté.
Côté devis, la page de Service Public Entreprendre citée plus haut dit aussi ceci : le devis est une offre de contrat qui vous engage dès que votre client l'a accepté, alors que lui n'est engagé qu'à partir du moment où il le signe, avec la mention « bon pour accord » ou « bon pour travaux ». Autrement dit, relancer ne crée aucun engagement nouveau : vous demandez une signature, rien de plus.
Côté messages, la CNIL rappelle que la publicité par e-mail, SMS ou automate d'appel vers un particulier n'est possible qu'avec son accord préalable, et que vis-à-vis d'un professionnel il faut au minimum pouvoir s'y opposer simplement et gratuitement (CNIL). Relancer un devis que la personne vous a demandé elle-même n'est pas de la publicité : vous répondez à sa demande. Réutiliser son numéro six mois plus tard pour annoncer une offre qui n'a rien à voir, c'est autre chose, et là les règles s'appliquent.
Deux réflexes suffisent à rester tranquille : gardez la trace de la demande initiale (le formulaire, le message, la date), et arrêtez toute relance dès que la personne vous demande d'arrêter. Une relance automatisée reste votre relance : c'est vous qui répondez de ce qu'elle envoie.
Comment automatiser les relances de devis ?
En branchant l'outil qui envoie vos devis sur un automate qui déclenche les messages à votre place, selon ce que fait le client.
Le point de départ, c'est d'envoyer le devis sous forme de lien plutôt qu'en pièce jointe : quand votre client clique, vous le savez. On ne se fie pas à « l'e-mail ouvert », parce que certaines messageries ouvrent les e-mails toutes seules et que le signal serait faux. À partir de là, la mécanique est simple :
- Jamais ouvert au bout de deux jours : un SMS part pour rappeler que le devis attend.
- Ouvert, mais sans réponse : la relance à une semaine puis le message de clôture s'enchaînent aux dates prévues.
- Le client répond, signe, ou demande à ne plus être relancé : la séquence s'arrête d'elle-même.
- Vous gardez un tableau des devis en attente, avec la date du dernier contact, pour voir d'un coup d'œil ce qui dort.
C'est exactement ce que couvrent mes automatisations pour artisans et TPE : chaque automatisation se paie au mois, à partir de 30 € HT, et la mise en place est offerte quand elle vient avec la création ou la refonte de votre site. La même logique sert ailleurs dans votre parcours client : la réponse immédiate à une demande arrivée par le formulaire de votre site, le rappel du rendez-vous la veille, ou la demande d'avis qui part après la facture et nourrit votre fiche Google. Chez Plombier 16, c'est cette dernière qui tourne depuis juillet 2025 : chaque facture envoie toute seule sa demande d'avis.
Il faut dire aussi ce que l'automatisation ne fait pas. Elle ne rattrape pas un devis illisible ou mal chiffré. Elle ne remplace pas l'appel sur un gros chantier. Et elle ne devine pas si votre client a trouvé moins cher ailleurs. Ce qu'elle fait, c'est s'occuper du bas de la pile : les devis que vous n'auriez relancés ni aujourd'hui ni demain.
Plus de devis envoyés, c'est plus de relances à tenir
Le jour où votre visibilité progresse, le nombre de devis à suivre progresse avec elle. Et c'est précisément là que les oublis commencent, parce que la relance est la tâche la plus facile à repousser.
Un exemple réel, pas une promesse : après la refonte de son site et le travail de référencement local, Plombier 16 a gagné +364 visiteurs sur son site, +127 appels entrants et +53 demandes de devis par mois. Cinquante-trois demandes de devis supplémentaires chaque mois, ce sont autant de devis à rédiger, à envoyer, puis à relancer. Chaque projet est différent et ces chiffres sont les siens, mais la mécanique est la même partout.
Le travail de visibilité remplit le haut de la pile, la relance décide de ce qui en sort. Un site d'artisan construit pour faire appeler ne sert pas à grand-chose si les devis qu'il déclenche finissent oubliés dans une boîte mail. C'est d'ailleurs l'ordre dans lequel je conseille de s'y prendre : d'abord savoir suivre ce qui arrive, ensuite en faire arriver plus.
Par où commencer cette semaine
Trois gestes suffisent, et aucun ne demande d'outil.
- Faites la liste des devis envoyés depuis un mois et restés sans réponse. Relancez aujourd'hui les plus récents, et envoyez un message de clôture aux plus anciens.
- Écrivez vos deux messages types une fois pour toutes, le rappel à deux jours et la clôture, et gardez-les dans une note sur votre téléphone.
- Vérifiez votre modèle de devis : la durée de validité y figure-t-elle, et est-elle lisible ?
Si au bout de deux semaines vous constatez que la relance passe toujours après le chantier, le problème n'est pas la volonté mais le temps. C'est le moment de regarder les relances de devis automatiques, qui font ce travail à heure fixe sans jamais l'oublier.
Et si vous voulez qu'on regarde ensemble laquelle de vos tâches répétitives vous coûte le plus cher, l'audit dure trente minutes et il est gratuit. On en ressort avec une liste, pas avec un devis à relancer.
Les points clés
- Un devis sans réponse n'est pas un refus : relancer fait partie du travail, ce n'est pas harceler.
- Trois relances espacées suffisent : le surlendemain de l'envoi, une semaine après, puis avant la fin de la durée de validité.
- Pour les travaux et dépannages du bâtiment, la durée de validité de l'offre est une mention obligatoire du devis : elle vous donne une date butoir légitime pour relancer.
- Un message de relance tient en trois phrases et finit par une question fermée, à laquelle on répond par oui ou par non.
- Le SMS sert au rappel court, l'e-mail à renvoyer le devis, le téléphone à comprendre ce qui bloque.
- Les relances peuvent partir toutes seules, à partir de 30 € HT par mois, et s'arrêter dès que le client répond.